Chirurgie Intragastrique Vidéoassistée - Cœlioscopie
Résection d'une lésion gastrique postérieure ou cardiale par trocarts à ballonnet placés dans l'estomac, sous contrôle cœlioscopique. D'après l'EMC 40-320 (2015).
Installation
Anesthesie
Anesthésie générale, sonde nasogastrique pour vider l'estomac avant la gastrotomie
Antibioprophylaxie par céphalosporine de deuxième génération, 2 g intraveineux en dose unique à l'induction
Prévention thromboembolique : contention élastique intermittente et héparine de bas poids moléculaire
Anesthésiste prévenu de l'insufflation gastrique : la cavité est le champ opératoire pendant toute la résection
Endoscopiste disponible : repérage, extraction de la pièce par voie endoscopique, sonde à ballonnet dans le premier duodénum si l'insufflation du grêle doit être prévenue
Matériel
Trocarts intragastriques à ballonnet gonflable : le ballonnet assure le positionnement dans la cavité gastrique et l'accolement de l'estomac à la paroi abdominale par simple traction
Un trocart de 12 mm et deux trocarts de 5 mm sont en général suffisants
À défaut de trocarts à ballonnet : deux fils transpariétaux pour attirer l'estomac à la paroi, puis trocart conventionnel
Optique, caméra et écran haute définition
Ciseaux coagulateurs pour la gastrotomie
Agrafeuses linéaires articulées, préférées dans l'espace étroit de l'estomac insufflé
Instruments de dissection sous-muqueuse, porte-aiguille et fils pour la suture des orifices gastriques et de la gastrotomie
Sac d'extraction, colonne d'endoscopie souple
Position
Décubitus dorsal, billot gonflable ou légère cassure de la table à la pointe des omoplates
Champage
Champ abdominal standard, accès buccal laissé libre pour la sonde gastrique, la gastroscopie et l'extraction endoscopique de la pièce
Trocarts
- Temps cœlioscopique d'abord : pneumopéritoine et visualisation de l'estomac par trocarts abdominaux conventionnels
- Gastrotomie antérieure aux ciseaux coagulateurs, premier trocart à ballonnet passé à travers la paroi gastrique, ballonnet gonflé puis attiré à la paroi abdominale antérieure : l'estomac est ainsi fixé
- Variante : deux sutures transpariétales attirent l'estomac à la paroi, puis trocart conventionnel
- Estomac insufflé, puis deux autres trocarts introduits directement en regard de l'estomac
- Un trocart de 12 mm et deux de 5 mm, placés selon la localisation de la tumeur pour obtenir l'espace opératoire le plus grand possible et respecter la triangulation
- Pour l'agrafage, un trocart de 5 mm est remplacé par un de 12 mm, positionné de sorte que le tir soit possible dans l'espace étroit de l'estomac insufflé
- Trocart unique décrit aussi en intragastrique, resté confidentiel
Opérateur / Aide
Opérateur entre les jambes du patient, un aide de part et d'autre, instrumentiste à la droite du chirurgien
L'aide maintient la traction sur les trocarts à ballonnet, dont dépend l'accolement gastrique
Photos / Illustrations
Informations
Indications
- Tumeur bénigne gastrique de la face postérieure, haute ou juxtacardiale : la résection cunéiforme exogastrique n'y obtient pas de marges satisfaisantes
- Tumeurs bénignes gastriques en général : GIST, léiomyome, lipome
- Cancers gastriques superficiels
- Ablation d'un corps étranger intragastrique après échec d'une gastroscopie conventionnelle
- Tumeur pédiculée : indication particulièrement favorable, résection et hémostase obtenues du même tir d'agrafeuse
- Alternative à la résection endoscopique, dont les limites sont la rétrovision au cardia, une résistance et une précision insuffisantes pour contrôler la dissection, et un risque de perforation gastrique de 4,8 à 14,5 % selon les séries — jusqu'à 37,3 % de pneumopéritoines asymptomatiques
Astuces
- Les ballonnets fixent la paroi gastrique antérieure à la paroi abdominale : l'insufflation gastrique à haut débit devient inutile
- De ce fait, le clampage du jéjunum proximal et la sonde à ballonnet placée en D1 par voie endoscopique, décrits pour éviter l'insufflation du grêle, ne sont pas nécessaires dans l'expérience des auteurs
- Trocarts placés d'emblée selon la localisation tumorale : l'espace de travail est étroit et ne se corrige pas après coup
- Résection possible sous contrôle de la vue avec dissection sous-muqueuse, mais l'agrafage est préféré : rapidité, sécurité, fiabilité
- Agrafeuse articulée et trocart de 12 mm bien orienté : les deux conditions d'un tir possible dans un estomac insufflé
- Marges de sécurité parfois difficiles à estimer, avec risque de rupture de la tumeur, en particulier pour les GIST
- Après dissection sous-muqueuse, la suture muqueuse est classique, rapide et économique, avec moins de matériel étranger que les clips et boucles endoscopiques
- Pièce mise en sac, extraite par voie endoscopique ou à travers la paroi
- Orifices des trocarts gastriques suturés, puis contrôle de la séreuse en cœlioscopie : c'est ce temps, impossible en endoscopie pure, qui fait baisser les complications postopératoires
Codages
- HFFC001 – Résection partielle atypique de la paroi de l'estomac, par cœlioscopie (256,51 €) : pas de libellé propre à la voie intragastrique
- HFFA009 – Même geste par laparotomie ou après conversion (224,25 €)
- HEQE004 – Endoscopie œso-gastro-duodénale peropératoire
- HFQX004 – Anapath de pièce de gastrectomie partielle (90,41 €), ou HFQX005 si la pièce est extraite par voie endoscopique (66,06 €)
Complications
- Fuite ou perforation sur les orifices des trocarts gastriques et sur la gastrotomie antérieure
- Hémorragie de la tranche d'agrafage ou du plan sous-muqueux
- Distension du grêle par insufflation, prévenue par le clampage jéjunal ou le ballonnet duodénal
- Rupture tumorale avec dissémination péritonéale, redoutée pour les GIST
- Marges envahies sur l'examen définitif
- Sténose après résection juxtacardiale ou juxtapylorique large
- Conversion en résection exogastrique ou en laparotomie
Temps opératoires
Étape 1 : Temps cœlioscopique initial
- Pneumopéritoine, exploration de la cavité, visualisation de la face antérieure de l'estomac
- Repérage de la lésion, au besoin par gastroscopie peropératoire
- Choix du siège de la gastrotomie en fonction de la localisation tumorale
Étape 2 : Gastrotomie et premier trocart à ballonnet
- Gastrotomie par incision aux ciseaux coagulateurs
- Premier trocart à ballonnet introduit à travers la paroi gastrique, ballonnet gonflé
- Traction sur le trocart : la paroi gastrique antérieure vient s'accoler à la paroi abdominale
- Variante : deux sutures transpariétales attirent l'estomac à la paroi avant l'insertion d'un trocart conventionnel
Étape 3 : Insufflation gastrique et trocarts de travail
- Estomac insufflé ; l'accolement obtenu dispense d'un haut débit
- Deux autres trocarts introduits directement en regard de l'estomac : un de 12 mm et deux de 5 mm suffisent en général
- Positionnement selon la tumeur, en respectant la triangulation et en cherchant l'espace opératoire le plus grand possible
- Oblitération du grêle proximal si une insufflation importante est prévue : clampage du jéjunum ou sonde à ballonnet en D1
Étape 4 : Résection
- Dissection sous-muqueuse sous contrôle de la vue, ou, le plus souvent, agrafage linéaire
- Trocart de 5 mm remplacé par un de 12 mm pour recevoir l'agrafeuse, articulée de préférence
- Tumeur pédiculée : résection et hémostase du même tir
- Marges contrôlées, manipulation prudente pour ne pas rompre la tumeur
Étape 5 : Extraction de la pièce
- Pièce introduite dans un sac en fin de résection
- Extraction par voie endoscopique, ou à travers la paroi
Étape 6 : Fermeture et contrôle
- Suture de la muqueuse après dissection sous-muqueuse
- Suture des orifices des trocarts gastriques et de la gastrotomie antérieure
- Contrôle de la séreuse en cœlioscopie, suture complémentaire si besoin, puis fermeture des orifices pariétaux
Nous contacter
Nous rejoindre
Vous souhaitez intégrer notre équipe de jeunes chirurgiens, devenir partenaire ou souhaitez en savoir plus sur l'association ?
Contactez-nous dès maintenant à l'aide du formulaire de contact, ou en nous envoyant un email à l'adresse ci-dessous.