Ressources pédagogiques
Retour

Ampullectomie Chirurgicale - Laparotomie

Résection transduodénale du massif ampullaire, suivie de la réimplantation du cholédoque et du canal de Wirsung sur le deuxième duodénum.

Indiquée pour les lésions ampullaires bénignes, pseudotumorales (adénomyomes, lésions régénératives) ou non invasives, qui représentent environ 20 % des lésions ampullaires diagnostiquées.

Installation

Anesthesie

Anesthésie générale

Patient et anesthésiste prévenus d'une conversion possible en duodénopancréatectomie céphalique

Prélèvement bactériologique de bile systématique : contamination fréquente, spontanée ou après sphinctérotomie et prothèse

Matériel

Lunettes grossissantes (× 2,5) : le canal pancréatique principal ne mesure souvent que 2 à 3 mm

Ciseaux froids et bistouri électrique réglé en section de faible intensité, pour limiter les lésions thermiques gênant l'analyse des marges

Fils monobrins résorbables sertis 4/0, 5/0 et 6/0

Drain biliaire de Pedinielli ou d'Escat, ou sonde fine, pour le repérage transcystique

Bleu de méthylène dilué

Fragment de cathéter de perfusion veineuse de 2 à 3 cm si un stent wirsungien s'impose

Lame multitubulée pour le drainage

Extemporané disponible

Position

Décubitus dorsal, bras droit en abduction : accès anesthésique et flanc droit dégagé pour le drainage

Champage

Champ abdominal standard, flanc droit dégagé pour l'extériorisation du drain

Trocarts

- Laparotomie sous-costale droite, à deux ou trois travers de doigt sous les côtes : bonne exposition du bloc duodénopancréatique après mobilisation

- Médiane sus-ombilicale, prolongeable en sous-ombilical, possible chez un sujet longiligne

- Décollement duodénopancréatique complet jusqu'au passage de D3 dans la fenêtre rétromésentérique : il sagittalise le bloc et superficialise D2

- Abaissement de l'angle colique droit, au besoin avec décollement colo-épiploïque

- Bloc duodénopancréatique posé sur des champs imbibés d'antiseptique : exposition stable et protection de la cavité

Opérateur / Aide

Opérateur à droite du patient, un aide

L'exposition repose surtout sur les fils tracteurs posés aux points cardinaux de la lésion et des canaux

Photos / Illustrations

Informations

Indications

- Lésion ampullaire non invasive : adénome en dysplasie de bas ou de haut grade, carcinome in situ

- Tumeur uT1a, dont la composante infiltrante reste limitée au chorion muqueux intra-ampullaire ou à la partie interne du muscle d'Oddi, épargnant la sous-muqueuse duodénale

- Échec technique ou récidive non invasive après ampullectomie endoscopique

- Préférée à la voie endoscopique si lésion volumineuse, extension endocanalaire biliaire supérieure à 1 cm, large extension latérale duodénale, diverticule juxta-ampullaire, ou anticoagulation efficace nécessaire

Astuces

- Cholécystectomie indispensable : elle permet le cathétérisme transcystique et supprime le risque de cholécystite à distance

- Repérage de la papille par palpation, sinon par une sonde ou un drain passé par le canal cystique jusqu'en D2 – à faire avant la duodénotomie, qui est ainsi centrée ; bleu de méthylène dilué si la lésion est en nappe ou déjà traitée par sphinctérotomie

- Éviter de laisser un drain transpapillaire pendant l'exérèse : il encombre le champ et surtout la reconstruction ; la cholangiographie peropératoire est devenue inutile

- Duodénotomie longitudinale au bord externe de D2, antipancréatique : plus facile à agrandir qu'une transversale, maintenue ouverte par des fils tracteurs monobrin 4/0

- Traction atraumatique par un fil en U autour de l'orifice papillaire, ou quatre fils aux points cardinaux si la lésion est en nappe : ils orientent aussi les marges

- Marge muqueuse de 3 à 5 mm ; commencer l'incision au pôle inférieur puis l'étendre en U – le plan de clivage se trouve en zone d'accolement dépourvue de canaux, et la dissection cholédocienne se fait en dernier

- Rester en superficie de la musculeuse duodénale en avant et en arrière : risque de perforation ou de désinsertion duodénopancréatique, possible sans lésion de la séreuse ; suturer une perforation par l'intérieur, jamais par l'extérieur où cheminent les vaisseaux droits des arcades

- Canal de Wirsung isolé en avant et légèrement en bas de la lésion ; sa lumière s'affaisse dès la section, d'où l'intérêt de prélever aussitôt une « rondelle » pour l'extemporané

- Wirsung introuvable : évoquer un pancreas divisum complet ou une oblitération par un point d'hémostase, à lever

- Voie biliaire principale : paroi plus épaisse et plus vascularisée que le Wirsung, facilement clivable du pancréas – disséquer 10 à 15 mm de principe, ouvrir transversalement, extemporané de la tranche (fiabilité canalaire d'environ 95 %, contre 80 à 90 % pour la lésion entière)

- Recoupe biliaire envahie : redisséquer 1 à 2 cm plus haut avec un nouvel extemporané ; en dernier recours, résection de toute la VBP intrapancréatique, abordée aussi par le bord supérieur du pancréas, avec anastomose cholédocoduodénale sur D1 et réimplantation du seul Wirsung sur D2

- Reconstruction : jamais de suture sous tension sur le Wirsung ; hémicirconférence supérieure biliaire d'abord, puis éperon cholédoque-Wirsung par trois ou quatre points de 6/0, puis bords antérieur, postérieur et inférieur du Wirsung ; suturer longitudinalement la perte de substance muqueuse inférieure de 10 à 15 mm

- Pas de drainage biliaire transcystique laissé en place ; stent wirsungien exceptionnel, seulement si le calibre est très fin

- Fermeture duodénale longitudinale en règle, transversale si l'exérèse a été large (risque de sténose) ; deux plans préférés, surjet inversant muqueux puis surjet séromusculeux

Codages

HGFA014 – Exérèse de la papille duodénale majeure, par laparotomie

examen anatomopathologique de la pièce HNQX004.

Conversion en duodénopancréatectomie céphalique : HNFA007.

Complications

Mortalité inférieure à 1 %, complications abdominales de 10 à 15 % ;

hémorragie digestive par défaut d'hémostase ou chute d'escarre, très rarement réopérée

pancréatite aiguë bénigne ou nécrosante par suture sténosante du Wirsung ;

fistule duodénale exceptionnelle, guérissant sous traitement médical ;

angiocholite précoce ou tardive par reflux duodénobiliaire dans environ 10 % des cas ;

gastroparésie transitoire ;

sténose duodénale après exérèse large ;

DPC secondaire si l'examen définitif révèle une composante invasive sous-muqueuse, dans environ 10 % des cas ;

récidive de 5 à 10 % justifiant une surveillance endoscopique, surtout les deux ou trois premières années.

Profil Espace membre

Temps opératoires

Étape 1 : Voie d'abord et mobilisation du bloc duodénopancréatique

- Laparotomie sous-costale droite, exploration de la cavité

- Abaissement de l'angle colique droit, décollement duodénopancréatique complet jusqu'à la fenêtre rétromésentérique

- Bloc posé sur des champs imbibés d'antiseptique

Étape 2 : Cholécystectomie et repérage de la papille

- Palpation de D2 ; si elle est insuffisante, cholécystectomie puis cathétérisme de la VBP par le canal cystique

- Prélèvement bactériologique de bile

- Sonde fine ou drain de Pedinielli poussé jusqu'en D2 : il repère la papille et centre la duodénotomie

Étape 3 : Duodénotomie et exposition du massif ampullaire

- Duodénotomie longitudinale au bord externe de D2, maintenue ouverte par des fils tracteurs monobrin 4/0

- Bleu de méthylène transcystique si l'orifice papillaire reste difficile à identifier

- Fil en U autour de l'orifice papillaire, ou quatre fils aux points cardinaux si lésion en nappe

Étape 4 : Exérèse

- Incision muqueuse à 3-5 mm de la lésion, début au pôle inférieur puis extension en U, courant de section de faible intensité

- Hémostases au monobrin résorbable 5/0 ou 6/0, fils laissés longs sur pinces en couronne pour l'exposition

- Isolement du canal de Wirsung, section, prélèvement immédiat d'une rondelle pour extemporané

- Dissection de la VBP sur 10 à 15 mm, ouverture transversale, extemporané de la tranche ; extension de la dissection si la recoupe est envahie

(Conversion en DPC si cancer invasif ou marges impossibles à obtenir)

Étape 5 : Reconstruction canalaire

- Hémicirconférence supérieure de la section biliaire réimplantée sur musculeuse et muqueuse duodénales, points séparés de monobrin 5/0

- Éperon entre bord inférieur de la VBP et canal de Wirsung, trois ou quatre points de 6/0

- Bords antérieur, postérieur puis inférieur du Wirsung ; perméabilité des deux lumières vérifiée en permanence

- Suture longitudinale de la perte de substance muqueuse sous-jacente

- VBP entièrement réséquée : anastomose cholédocoduodénale terminolatérale sur D1 et réimplantation séparée du Wirsung sur D2

Étape 6 : Fermeture et drainage

- Fermeture duodénale longitudinale, en deux plans (surjet inversant muqueux puis surjet séromusculeux) ; transversale si l'exérèse a été large

- Lame multitubulée en arrière du décollement duodénopancréatique, à proximité de la suture, extériorisée dans le flanc droit

- Pas d'épiplooplastie, pas de drain biliaire transcystique laissé en place

Nous contacter
Nous rejoindre

Vous souhaitez intégrer notre équipe de jeunes chirurgiens, devenir partenaire ou souhaitez en savoir plus sur l'association ?

Contactez-nous dès maintenant à l'aide du formulaire de contact, ou en nous envoyant un email à l'adresse ci-dessous.

AJCV - Association des Jeunes Chirurgiens Viscéraux

Email : assoajcv@gmail.com
Adresse : 55, Rue Cognacq-Jay, 51100 Reims
*Informations obligatoires

Vous pouvez demander l’accès à vos données et en obtenir une copie, leur rectification ou leur suppression, ainsi que la limitation du traitement, dans les conditions prévues par le RGPD. Vous pouvez retirer votre consentement à tout moment. Pour exercer vos droits, écrivez à assoajcv@gmail.com. Consulter la politique de confidentialité et l’ensemble de vos droits.